Ce vin a été réalisé à partir du gamay de bouze, vieux cépage traditionnel de la vallée du cher et d'origine bourguignone. Cette variété, qui se distingue du gamay à jus blanc classique (celui du beaujolais mais aussi de la touraine), était un des cépages de base de notre région au siècle dernier et même, jusqu'aux années 1960-1970. D'après le traité d'ampélographie de viala-vermorel, cette variété a pris naissance en côte-d'or, vraisemblablement à bouze, petit village des environs de beaume. C'est un gamay à jus rouge, le plus anciennement connu, et le père de tous les autres (chaudenay et fréaux).
Le jus de ses raisins était très coloré, et donnait à l'époque des vins plutôt rustiques mais recherchés par leur générosité. L'i.n.a.o, dans un premier temps, réduisit son importance, en le tolérant en proportion réduite (15 %) dans le gamay à jus banc, puis l'exclut complétement des cépages recommandés, voilà une quizaine d'années. Cette variété a, aujourd'hui, pratiquement disparu, et c'est tout à fait par hasard que j'ai pu en "récupérer" une parcelle.
Sa vinification est faite chez moi de la même façon que le gamay classique. Le raisin est cueilli à la main et trié, puis disposé en petites caisses. Les grappes intactes sont mises en cuve pour 6 jours de fermentattion intracellulaire afin d'obtenir un jus très dense, avec une couleur intense très foncée, débordant drômes de fruits noirs.
On découvre tout d'un coup ce vin spectaculaire que l'on buvait autrefois, avec sa force, et aussi son élégance. Ses tanins sont très présents, mais ronds et harmonieux. Sa densité et sa structure sont impressionnantes et ne se comparent à aucun autre vin existant.
C'est le compagnon des casse-croûte généreux et des viandes en sauce ou gibiers d'une traditionnelle.